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Mercredi 4 novembre 2009

02H59, on est lundi. Je suis lundi parce que les autres dorment. J'ai encore été réveillée par Saphi ; ce qu'elle peut jacasser celle-là quand elle s'y met !

Je crois que pour Les insomnies de Khonsou, là, je reprends du poil de la bête en-attendant-que-le-sommeil-me-submerge-à-nouveau.

Ça m'arrive à fréquence multiple en ce moment, connexion nocturne, j'ai pris une option spéciale. Je crois.

...

 

L'horloge départage le tôt matin en tic-tac légèrement somnifère, en espérant que ça n'en devienne pas comme un café après seize heures.

 

03H17, je me recouche.

 

Note_1 : Finalement, il me faudra plus que des tic-tacd'horloge en forme de Lexomil pour m'endormir.

Je suis comme hypnotisée, certes, oui mais sans plus. Mes tissus neuronaux restent froissés, il y a ce silence bleu nuit qui me pèse et je surprends un mal de tête replié à l'arrière du crâne. Ça ne fait pas de bruit, notion toujours de silence caché dans la nuit et qui se fait écho sur les murs. C'est l'impression de n'être que moi, de l'autre côté de la porte, trou noir, vaste étendue de brume coloriée sombre.

Je pue le manque de sommeil et la faim qui me tenaille l'estomac.

Il est 03H51 au réveil de mon sommeil détraqué.

 

Note_2 : Je n'ai pas frôlé la nuit blanche, c'est une idée que je me fais.

03H59. Plus que deux heures maxi à tirer.

 

Note_3 : ... Il me faudrait de la poudre de marchand de sable et puis autre chose mais je ne sais plus ce que c'est.

Au réveil je risque d'être entre deux eaux.
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La fin au prochain épisode...

Par Aude Réco
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Lundi 26 octobre 2009

Fin du règne de la marmotte. Je me bats depuis presque deux ans pour éviter l'histoire  du démon-qui-revient-à-la-charge-dans-son-cheval-de-Troie.

 

C'est fou comme je ne me comprends qu'à moitié.

En ce moment, c'est tout blanc ou tout noir. Entre les deux, c'est pas terrible.

J'ai mis des napperons en guise d'anti-dérapants, c'est pathétique comme je n'ai rien compris au film !

 

J'ai envie de faire plein de choses. Ça me tord les tripes.

En ce moment, j'écris beaucoup en profondeur.

Des tas de lignes qui prennent tout leur sens.

Mes carnets de notes gonflent démesurément, je les gave ; je sais, c'est inhumain mais avec les oies seulement.

L'écriture devient un tord-boyaux quand je ne peux pas m'en priver. Le constat est là, je suis dépendante.

~~~~~~~~~~~~~

Fin à l'épisode 13.

Par Aude Réco
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Samedi 10 octobre 2009

Ma conscience m'avait prévenue mais je l'ai bâillonnée.

 

Période apoplectique où seul le moi dans un placard rendait bien.

Extérioser les bleus à l'âme, pour quoi faire... De l'anti conte de fées...

Cela frôle l'indécence de l'intimité, admets quand même.

On souffre parfois davantage à se raconter à voix haute.

Epoque muette, j'insiste, intentions enfermées dans un bloc de béton.

L'hécatombe...

 

Le démon sommeillant, jusque là pas de problème. C'est plus loin que ça se complique, au chapitre du non effort et des pensées sous cellophane. Semblant d'héboïdophrénie, je ne suis pas schizophrène, sauf quand j'écris, mais aux limites de l'antisocialisme. Cela prédomine, se heurte à mes parois cervicales et je n'y peux rien.

 

Revanche de Miss Paramount qui refuse qu'on la nomme ainsi.

Toute mon inspiration du moment pour Les Jours Brisés, bazar funèbre.

 

Mon blog a un an depuis dimanche 08.02.2008, maintenant on me lit.

Couci-couça...

Tu vas la fermer ta grande gueule de conscience à la con, t'es même pas consciente du phénomène en plus.

C'est davantage que des poussières tendance acouphène significatives de sensations brutes. Les cendres ont repris vie, pas de coïncidences ni colifichet, cela ne vaudrait rien sinon.

Tu peux le comprendre où je dois te faire un dessin ?

Tout a changé, rentre-toi bien ça dans le crâne.

Par Aude Réco
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Samedi 3 octobre 2009

J'ai pourtant fait des efforts avant de renoncer, puis m'embourber dans les méandres de boue. J'allais même labourer au printemps mes jachères pour préparer les semailles d'automne. Mais les ixia sont mortes, mes rizières inondées, noyées de ras-le-bol revêches.

La glace me soutenant a fondu d'un coup ; non, ce n'est pas la faute à la couche d'ozone.

Ce n'est pas la faute à la révolution française, ni aux probabilités.

 

Lors de ma fabrication, on a oublié de m'insérer le programme de sociabilité.

J'ai ajouté des verrous, mis des cadenas et des chaînes, un système d'alarme qui hurle dès qu'on s'approche trop de moi.

Je ne parle pas, je grogne. C'est réactif, un trop-plein d'hormones qui se mélangent, probablement. Méli-mélo de substances chimiques corporelles que je n'ai pas su évacuer par les larmes. J'ai miniminé l'ampleur des dégâts.

La réalité est toute autre, tourbillon d'humeurs.

 

Je n'aime pas la ponctuation entre les mots, ni entre le passé, présent et futur.

Dans mon stock de souvenirs, je ne fais plus la distinction, je mélange dans un shaker, je fais des noeuds mais je n'oublie pas.

Par Aude Réco
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Mardi 15 septembre 2009

Les clauses du contrat écrites en minuscules caractères.

On ne sait pas, au début, mais on apprend vite.

Chacun(e) doit libérer le corps qu'il/elle occupe avant la date limite. C'est comme ça. Et on finit six pieds sous terre, ou en cendres, oubliés de la vie. Plus de chair ni viscères. Que les entrailles de la Terre et Amen.

Petite chose de rien du tout, on se dit qu'on a le temps, pourtant il est déjà trop tard. On apprend à vivre, doucement mais sûrement.

 

Là, c'est l'appel du trou sans fond.

Je ne m'en suis pas aperçue, j'ai foncé dans le gouffre.

J'ajouterais même, par souci d'honnêteté, que c'était l'appel de la lâcheté. Une solution de facilité, les murs qui suintent la fois de trop.

 

L'existence est un vampire qui aspire chaque jour un peu plus, et qui a bien failli me retenir dans un après que j'ai à peine effleuré.

Garde les yeux ouverts, ma chérie, les fermer te propagera la phobie du noir.

Les démons existent aussi le jour. Mais le noir, ça les rend plus épouvantables, et moi opprobre de m'enfoncer sous les draps.

Pas de trappe pour me glisser en coulisses, pas de coulisses, cette fois je suis moi.

Importance de le préciser, pas d'arrondis aux angles droits, pas de remastérisation.

Instants bruts, c'est quoi déjà le tel quel sans couleurs ?

C'est la nuit où j'ai raté mon coup, quand j'ai cru livrer ma dernière bataille et ne jamais voir la fin de la guerre.

Par Aude Réco
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Lundi 31 août 2009

Il est temps pour moi de faire le point. Arrête de faire l'autruche, ça ne changera pas le monde.

Crépuscule du jour nouveau même si le jour nouveau, il est complexé comme moi j'étais partie.

Alors j'ai dit je ne lui ferai plus la guerre parce que j'en ai marre d'être la seule.

Poussières de l'avant qui subsistent encore, période où un démon m'habitait presque entière.

Je me devais de repartir, être reine d'un passé inachevé au goût de débris éparpillés. Je n'avais pas compris grand-chose du moi, ce morceau de vie mal tracé, serti de bribes mortuaires et d'asphyxie sociétaire.

Ça ne paraît pas, ces choses, mais elles existent. Elles s'accaparent un corps jusqu'à l'ankyloser et l'abroger.

Par Aude Réco
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Mercredi 26 août 2009

L'horloge est comme arrêtée. Les nuits et les jours se succèdent sans que je m'en aperçoive.

 

Il fait beau, allons au cimetière*.

Non, il ne fait pas beau, et nous n'irons pas au cimetière parce que tout va bien.

Il a plu, ça sent l'inondation de ressentiments.

Les mots ne sont pas ingrats, deux ans après, ils me sont toujours fidèles. Même si un beau jour, tout pourrait recommencer, je pourrais recommencer.

M'enliser dans les bas-fonds, me plaire, me complaire dans leur aisance, et y croire dur comme fer.

C'est difficile de revenir quand on est si près des bornes du ciel, quand on vous appelle très fort alors qu'on n'aspire qu'à s'endormir. A partir plus loin que le loin, plus loin que le rien.

Ce n'est pas chose facile que de sourire comme avant après le vide, rire de tout, renaître tout simplement. C'est même affreux, se dire qu'il va falloir vivre avec, sentiments multiples à double face, à double tranchant qui pénètrent bien au coeur.

Florilège chaotique, mais pas comme le chaos d'avant car chaos de reconstruction, de renouveau.

Putain de journée de merde.

~~~~~~~~~~~~

* Citation d'Egon Schiele.

(clin d'oeil général à Laura qui s'impatiente déjà de ne jamais connaître la suite !).

Par Aude Réco
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Lundi 3 août 2009

Je crois que je vais rester encore un peu en Indochine. Au moins jusqu'à ce que quelqu'un me rappelle.

 

L'inspiration poétique me fait défaut ces temps-ci. Je crois avoir été arnaquée sur la durée, et je n'ai pas pris l'assurance contre la dégradation de l'habitacle humain.

 

J'ai posé des grillages tout autour de mes carnets, doublé les verrous, un soupçon peut-être de paranoïa.

Par Aude Réco
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Mercredi 29 juillet 2009

Je plaiderai la schizophrénie de l'écrivain si l'on me demande ce qui se passe d'ici là. Ce n'est pas passible de l'hôpital psychiatrique au moins.

Mais plusieurs personnages se font violence pour exister sur papier.

 

J'ai comme des voix dans la tête. Je crois que c'est pour la vie.

Je crois que c'est au rythme des écritures.

 

Je ne m'écarte pas des autres pour faire beau. Je m'écarte d'eux pour m'écarter. Par insociabilité, surtout.

Ça fait trop de monde d'un coup et ça m'étouffe.

Je sais ce que tu penses et je n'en ferai rien. Je vais plutôt faire comme si tu n'existais pas. Comme si tu était une mauvaise herbe que j'asperge de Roundup.

 

Je m'abandonne dans les bras des mots écrits. Je m'y écorche en les relisant à voix haute.

Pourtant, j'aime bien relire à voix haute. Ça donne des conséquences aux actes et du goût au poison.

Le décor est pâle dans la tête.

Jamais de description pour une raison d'imaginaire étriqué derrière mes yeux.

Après c'est face. Et je n'aime pas écrire face. C'est textuel.

 

C'est viscéral.

 

Je refuse les décors à tendance nécropolis. Ça risque de s'effriter. En plus, ce n'est pas très malin de bâtir sur des fondations en chewing-gum.

Ça fait toujours bizarre quand on nettoie les plaies.

Je le sais, j'ai déjà tenté l'expérience.

Par Aude Réco
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Mercredi 22 juillet 2009

Qu'est-ce que tu dis de ça ?

Quoi donc ?

Aujourd'hui je ne fais plus attention à toi. Je t'accepte cogito (je pense donc je suis).

Le ciel est blanc et neutre. Pas d'opinion dans l'air ? Trèèès bien. Je poursuis.

Les Jours Brisés, c'est un exode. Ne m'interromps pas, steu plaît. Je disais, j'ai eu des idées en vrac et j'ai fait le mur. Le mur aux abnégations.

Après, sur papier ça rend vachement bien.

J'ai fait des histoires en emporte-pièces, et je les ai mises à la suite.

 

Arrête de fixer un point unique, fixe en ricochets, c'est un moyen de retomber sur tes pattes.

Presque deux ans après avoir écrit Les Jours Brisés, j'y reviens en toute connaissance de cause.

Une différence néanmoins : du mal-être en prose, je suis passée au mal-être en vers.

Par Aude Réco
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