Route de lecture

Dimanche 1 novembre 2009

Petit détour par le roman autobiographique de Brigitte Lesigne, intitulé Ruptures.

L'histoire non pas d'une vie, non pas de sa vie, mais de l'absence dans toute sa noirceur. Celle qui fait mal tout le temps, qui fera toujours mal, quoi qu'il advienne.

Ruptures, c'est le récit de l'absence marquée, un vide terrifiant, à la manière d'une hantise chronique. Toujours cette envie de bien faire, la perfection jusqu'au point de non-retour. Être toujours présente pour son mari, ses enfants, jusqu'à s'auto-oublier.

Le corps en devient comme un grimoire de règles sanctionnées de manière très précise.

Ruptures en fait état au fil des pages.

Une façon de vivre qui n'est pas la vie. On ne vit pas comme ça.

C'est un trou noir autour de la notion parentale.

L'auteure n'a aucune référence en terme maternel, aucun indice, aucune indication pour savoir si elle fait bien ou mal. C'est le doute permanent.

Et chaque fois que l'épanouissement remonte à la surface, c'est le plus souvent accompagné d'une petite voix : celle qui, depuis toujours, susurre à l'oreille qu'il faut être entièrement présente pour sa famille. Se dévouer corps et âme à celle-ci.

Mais, au final, par ce livre, l'auteure mène un joli combat... et le remporte. Parce que ce livre, c'est sa façon de dire non et de s'épanouir au moins un peu.

 

Rendez-vous sur instant-poetique.com.

Par Aude Réco
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Jeudi 22 octobre 2009

Cette semaine, immersion dans l'univers étrange et envoûtant du Parfum, roman de Patrick Süskind.

Un best-seller mondial dès sa sortie, retraçant le parcours malheureux, puis à la fois enchanteur et évocateur de Jean-Baptiste Grenouille, un « nez » qui aurait pourtant pu devenir grand.

 

L'histoire se déroule dans la France du XVIII ème siècle, période post-révolutionnaire.

La mère de notre monstrueux anti-héros accouche sur le marché, suite à plusieurs naissances de bébés morts-nés. Mais alors que les rats grouillent dans tout Paris, que les vers se tordent entre eux dans la nourriture, que les poissons reçoivent leur lot habituel de vomissements, survient un premier cri. Le premier cri d'une vie atroce, étonnante et bizarre.

L'on ne peut s'empêcher d'éprouver de la pitié envers le bébé qu'est alors Jean-Baptiste Grenouille, sans même oser imaginer ce qu'il deviendra un peu malgré lui.

Loin de nous, lecteurs, l'idée de lui donner les circonstances atténuantes. Bien sûr.

Son premier cri envoie quasiment aussitôt sa mère jugée indigne par le peuple à l'échaffaud.

S'ensuit dès lors le début d'une enfance malheureuse, mais rien comparé à ce qui attend Jean-Baptiste.

 

À treize ans, il est vendu au propriétaire d'une tannerie réputé terrible, dans laquelle ses hommes et gamins ne tiennent jamais plus de cinq ans. Mais Grenouille n'a besoin ni d'amour, ni de beaucoup de nourriture, ni rien d'autre. Il est, il s'accroche à la vie grâce aux odeurs qui l'entourent... grâce à son envie de toutes les connaître et de toutes les enfermer dans une fiole.

Un jour, le propriétaire l'emmène en ville pour marchander avec quelques clients. Il est dans son élément. Un bain immense d'odeurs, il ne distingue ni les bonnes, ni les mauvaises. Nourriture à foison, tissu... parfum. Amour&Psyché d'un grand parfumeur de Paris. Toutes les « hautes dames » en sont folles.

Ces odeurs, une jeune femme vendant des fruits, il la suit, l'approche, elle a peur, arrive un couple qui ne remarque rien. Jean-Baptiste veut la faire taire, serre trop fort sur sa bouche, l'étouffe... bien malgré lui.

Commence alors réellement l'histoire du criminel qu'est devenu Grenouille en moins de quelques minutes.

 

Surviennent d'autres meurtres... Treize en tout. Une technique bien particulière permet à Jean-Baptiste de récupérer le parfum de chacune de ses victimes, et de l'enfermer délicatement dans de petites fioles. Treize petites fioles en tout.

Douze pour les odeurs de coeur, de base... La treizième pour donner à son parfum la majesté dont se servaient les anciens égyptiens selon la légende.

Surviennent de longues marches solitaires à la recherche de l'ultime parfum.

Un livre à l'aura pesante et parfumée (évidemment). Seule la fin reste largement tirée par les cheveux, hormis peut-être la façon dont Grenouille fait sa sortie.

Par Aude Réco
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Vendredi 16 octobre 2009

Cette semaine, Entre terre et rêves, un recueil de poésie signé Milady write, trouvaille en forme de pépites d'or sur Myspace.

Les courts poèmes, Milady write ne connaît pas. Toujours en rythme et en vers, son petit monde textuel se tisse à la manière d'une veuve noire. Lorsque le lecteur s'y prend, il ne peut plus s'en sortir. Il ne peut plus s'en passer.

Loin des habituels auteurs à rimes qui se prennent pour Baudelaire en trois ou quatre vers, notre demoiselle aux mots entend bien faire de la poésie un monde charmant où la lumière et les Ténèbres se côtoient en tout bien tout honneur.

Son premier livre marque d'une pierre blanche l'écriture pensive en sublime dégringolade d'une poétesse à fleur de peau. Une façon de faire artisanale poussée au perfectionnisme de la bonne entente, jusqu'à la dédicace !

Myspace de Milady write...

Par Aude Réco
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Mercredi 7 octobre 2009

Il existe, quelque part, un monde où le Chapelier Fou est mort, où les contes pour enfants redeviennent ce qu'ils étaient auparavant. Épouvantables.

Il est des jours où les traumatismes ne se suturent plus tous seuls, où il est temps de partir sans se retourner.

Il faut parfois souffrir pour aimer, mais pas aimer pour souffrir. Ce n'est pas dans l'ordre des choses que de se faire mal à aimer... de faire mal à l'autre. C'est comme l'auto-mutilation. C'est incohérent.

Ce livre, mon livre, est plein de ces incohérences généreuses, souriantes, et machiavéliques. Elles reflètent la lune sombre, le monde chaotique, les moeurs de travers et les envies qui pâlissent.

 

La vingtième, déjà...!

Réflexion et exception faites, je vais vous parler ici de l'un de mes livres. L'un de ceux qui me touchent le plus, à savoir le premier volet de mon anthologie poétique : The Aude's cogitations poétiques.

Même titre que la catégorie intéressée de mon blog, vous savez sûrement tous ici que la poésie est ce que j'aime écrire le plus, car étant un moyen d'aborder de multiples univers en un seul bouquin.

Et aujourd'hui, enfin, retapé et illustré, l'anthologie.

Pour vous donner une idée, elle regroupe : Histoires contemporaines, The Aude's cogitations poétiques, 3, Trauma, Jeux de maux et Le Chapelier Fou est mort (cliquez sur l'un des titres pour lire un poème...).

 

Publication très récente (le 29.09.2009), plus d'un an d'écrits en vers, en proses et en images véhiculées par le simple pouvoir des mots (et des maux). De quoi plaire aux plus insatisfaits, et titiller les autres.

Je n'ai pas cherché à regrouper le meilleur de mes textes. Loin de moi cette idée, me contentant de réunir mes premiers recueils, tout simplement.

Un petit monde où gothique et suprématie se côtoient en poésie maniaque, soudaine, et parfois farfelue. Plusieurs endroits où poser son lit, son corps, son âme.

J'ai tenu à ne pas rester étrangère à mon propre style, à dominer dans la noirceur textuelle qui me qualifie généralement... à rester naturelle par les rimes.

140 pages de vers mis bout à bout avec ou sans continuité logique. C'est selon.

 

L'envie du moment a voulu ici réunir ces lignes rien que pour votre plaisir... et le mien...!

Maintenant, à vous de voir.

Par Aude Réco
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Dimanche 20 septembre 2009

Cette semaine, immersion dans le petit monde magicien d'Harry Potter.

Après la sortie en salle, cet été, de l'avant-dernier volet, Le Prince de Sang-mêlé, le dernier film se verra réalisé en deux parties (le tournage est actuellement en cours).

Pour parler bouquins, Harry Potter, c'est une sage aux mille visages, avec un aux premières loges : celui de Voldemort, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Qui ne connaît pas le célèbre Harry Potter ? Qui n'en a jamais entendu parler ? On se le demande !

Pour ceux qui auraient raté le Poudlard express, c'est avant tout l'histoire de J.K. Rowling, maman, à l'époque, d'un bébé, et en situation précaire.

Lorsqu'elle envoie son livre, pour la première fois, à un agent littéraire, il est aussitôt retenu. Suit une mise aux enchères aux USA, pour une avance jamais atteinte pour un roman jeunesse.

La suite, tout le monde la connaît... ou presque.

Harry Potter est véritablement né, dans la tête de sa « maman », en 1990, un jour où J.K. Rowling prenait le train. Elle a soudain imaginé des enfants emprunter une locomotive pour aller dans une école de sorcellerie.

Suivent alors la voie 93/4, Poudlard, Voldemort...

On s'en demanderait presque s'il n'y a pas un petit coup de baguette magique là-dessous !

Par Aude Réco
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Samedi 12 septembre 2009

Exceptionnellement, je vais parler ici de chaque nouvelle d'un recueil auto-édité qui m'a particulièrement plu. Parce que chacune de ces nouvelles m'a interpellée.

Ce livre s'appelle Écrits de la lune, par Véronique Audelon. Véronique qui signe également les couvertures de ses bouquins.

Je disais donc, ce livre s'appelle Écrits de la lune, et ses héros sont tous des enfants. Des enfants abîmés par la vie, transpercés d'innocence, de profonde insouciance. Des enfants livrés aux défauts des autres, de la guerre, des prédateurs et autres pédophiles.

L'enterrement de l'instituteur, histoire courte et intense, et La marche de Brahim, émouvante, les deux premières nouvelles de ce recueil ont remporté le Premier Prix des Troubadours, au concours de La Belle Aude Poétique de Carcassonne. Déjà la preuve que ce bouquin a une agréable odeur de bien fait.

La pépite d'or émet comme un son de noces funèbres, particulièrement touchante, avec une impression de déjà vu tout-à-fait inédite (le sujet de la guerre 39-45).

Une histoire fantastique, curieuse, et intriguante, Les demoiselles de la Maison-Haute. Un récit tout en finesse, avec ces toiles d'araignées dont il est difficile de se libérer.

Pour Un soir de printemps, mon attention a été retenue par la petite note finale, à comprendre que si on lit l'histoire. En somme, un soir de printemps qui ressemblerait plutôt à celui d'un rude hiver. C'est ce qui est bouleversant.

L'histoire suivante présente les parents comme bourreaux, même si aucune torture explicite. Les bruits de la nuit... Oui, il y a beaucoup de bruits, la nuit. Surtout quand on est un petit garçon tout seul au fond d'une cave, avec sa mère juste au-dessus de lui.

Un peu de flou pour Joshua le bienheureux. On ignore ce qui se passe tout au long de l'histoire, ce qu'est véritablement le vol de l'enfant aux côtés des oiseaux.

Pour la dernière nouvelle, Les buissons blancs, je vous laisse seuls maîtres...

Par Aude Réco
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Samedi 5 septembre 2009

Les bonnes habitudes reviennent avec la rentrée. J'ai eu tout l'été pour découvrir quelques bouquins, avoir quelques coups de coeur. Le premier : Twilight, Fascination pour les livres (en effet, Twilight, qui signifie crépuscule, est le titre du film).

 

Rien ne laissait présager à Stephenie Meyer, une mormon mère de trois enfants, ce succès retentissant pour sa tétralogie Fascination. L'histoire de Bella Swann, lycéenne, tombant éperdument amoureuse d'Edward, lycéen lui aussi, mais depuis près de 100 ans !

Ce beau jeune homme cache un terrible secret, il se force à ne pas  parler à Bella, éviter celle qu'il aime pourtant... parce qu'il est un vampire.

Une belle histoire d'amour dangereuse et bien ficelée. Beaucoup de choses à raconter sur les amours interdites de Bella et Edward, la preuve par quatre romans gros comme des pavés (qui sont loin d'être dans la mare).

Je parlais de succès retentissant. Oui, et au point de faire trembler Harry Potter et les fameuses Reliques de la Mort.

 

Concernant le film, c'est bien l'une des rares fois où il ne gâche pas le plaisir du livre en mâchant des mots ou des scènes cruciales.

A l'affiche, notamment, nous retiendrons Robert Pattinson, précédemment vu dans Harry Potter et la Coupe de feu (les fans s'en souviendront puisqu'il meurt à la fin, achevant ainsi la vie de Cédric Diggory, assassiné par Lord Voldemort en personne), également musicien de son état. Il joue d'ailleurs l'un de ses morceaux dans le Chapitre I.

 

Un premier livre, donc, pas vraiment sur les chapeaux de roue étant donné qu'il plante longuement le décor.

Néanmoins passionnant de bout en bout, avec des personnages à vif, et des hésitations naturelles, quoi que l'on dise des vampires !

Par Aude Réco
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Vendredi 10 juillet 2009

Monsieur et Madame Tuvache ont trois enfants et un magasin... des suicides ! Ils ont donné à leurs deux premiers enfants des prénoms de suicidés célèbres (Vincent Van Gogh et Marilyn Monroe).

Vous n'avez pas réussi votre vie ? Réussissez votre mort ! Des tas de petites choses pour mettre fin à ses jours. Vu comme ça, le livre n'a pas l'air très gai. C'est sans compter sur la bonne humeur permanente du petit dernier, Allan, né involontairement par un test de préservatif trouvé pour mourir d'une MST !

Vincent, le grand frère, dépressif-né a l'idée d'un parc d'attraction pour se suicider. Jeux infernaux mortels, les gens paieraient pour être la cible des carabines...

Marilyn, elle, se sent particulièrement inutile à la boutique. Elle se cherche et puis trouve finalement sa place en tant que « poison ambulant  ». Vous voulez mourir empoisonné, embrassez-la !

Dans le magasin, cordes, poison, sabres, et tout un tas d'idées pour réussir dignement sa mort.

De quoi donner du beau spectacle avant le tomber de rideau.

 

Ce roman signé Jean Teulé nous offre une vision de la mort particulièrement délectable et totalement délurée. Un sourire au coin des lèvres pour un thème d'ordinaire morne et poussif.

Par Aude Réco
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Mercredi 1 juillet 2009

Becky Bloomwood est journaliste financière. Elle conseille les autres sur la manière de gérer leur compte, quoi. Alors que le sien est à découvert de 3794,56 livres dès le début du bouquin !

Vin, bottes, papier à lettres, lingerie sexy... Réflexion faite, le compte de Becky est bien débiteur de cette somme exorbitant.

Ce sont les Confessions d'une accro du shopping de Sophie Kinsella.

Les aventures (ou mésaventures, comme on voudra) d'une jeune femme perdue dans le monde cruel du shopping et des soldes.

Et puis elle décide d'arrêter tout ça dans l'idée de séduire Luke Brandon, jeune businessman de son état, après une curieuse « rencontre à 20 livres » !

C'est donc avec l'aide de son banquier (qui se fait une joie de bloquer ses comptes !) que commence la nouvelle vie de Becky Bloomwood.

 

C'est avec humour que l'auteure dépeint son personnage de fashion-victim larguée par son petit ami.

Avec Luke, c'est un « démarrage » sur les chapeaux de roue avec une histoire tordue d'écharpe pour tante Ermintrude qui n'existe que dans son imagination !

Et c'est bien beau tout ça, mais Becky pourra-t-elle longtemps résister à l'appel des soldes ?

Par Aude Réco
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Lundi 22 juin 2009

Edward et Alphonse Elric sont frères. Edward est le Fullmetal Alchemist, un « chien à la botte de l'armée ».

Leur père est parti, leur mère est morte. Une transmutation ratée pour la ramener à la vie leur a fait perdre certaines parties d'eux-mêmes. Un bras et une jambe pour Ed, tout son corps pour Al, désormais contraint à vivre dans une armure, incapable de manger, de boire... Juste son âme rattachée à cette armure par son grand frère.

 

Fullmetal Alchemist, un manga adapté en dessin-animé en 2000. La pierre philosophale semble parfois très près... c'est sans compter sur les homonculus... ces êtres apparemment humains conçus à partir d'autres vies.

C'est sans compter sur ces « personnes » qui s'infiltrent partout... dans les hautes sphères... L'armée semble infestée de toutes parts. Le pire est à craindre.

 

Un mélange de combats high-tech et d'alchimie. Une fraternité solide comme un roc, un parcours semé d'embûches...

Les flashback de la guerre d'Ishbal battent parfois leur plein... déroutants... choquants parfois...

L'histoire n'est pas sympathique ; elle est caractérielle, un Edward Elric en tête de gondole, avec son frère.

Force est d'admettre que l'on y prend goût. Forcément, une aventure subtile au charme fabriqué de toute pièce (alchimie ??).

 

Pas besoin d'être accro aux manga pour ouvrir le premier volume de cette série aux rouages décidément bien huilés.

Une aventure façon Petit Poucet et chaque caillou nous en apprend un peu plus sur l'alchimie et ses méfaits.

Ce n'est pas une histoire toute simple avec des images et des bulles de textes ; c'est une série d'images et de bulles de textes qui font l'histoire.

Un univers essentiellement masculin... vu par une femme.

Par Aude Réco
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