Cette semaine, immersion dans l'univers étrange et envoûtant du Parfum, roman de Patrick
Süskind.
Un best-seller mondial dès sa sortie, retraçant le parcours malheureux, puis à la fois enchanteur et évocateur de
Jean-Baptiste Grenouille, un « nez » qui aurait pourtant pu devenir grand.
L'histoire se déroule dans la France du XVIII ème siècle, période post-révolutionnaire.
La mère de notre monstrueux anti-héros accouche sur le marché, suite à plusieurs naissances de bébés morts-nés. Mais
alors que les rats grouillent dans tout Paris, que les vers se tordent entre eux dans la nourriture, que les poissons reçoivent leur lot habituel de vomissements, survient un premier cri. Le
premier cri d'une vie atroce, étonnante et bizarre.
L'on ne peut s'empêcher d'éprouver de la pitié envers le bébé qu'est alors Jean-Baptiste Grenouille, sans même oser
imaginer ce qu'il deviendra un peu malgré lui.
Loin de nous, lecteurs, l'idée de lui donner les circonstances atténuantes. Bien sûr.
Son premier cri envoie quasiment aussitôt sa mère jugée indigne par le peuple à l'échaffaud.
S'ensuit dès lors le début d'une enfance malheureuse, mais rien comparé à ce qui attend
Jean-Baptiste.
À treize ans, il est vendu au propriétaire d'une tannerie réputé terrible, dans laquelle ses hommes et gamins ne
tiennent jamais plus de cinq ans. Mais Grenouille n'a besoin ni d'amour, ni de beaucoup de nourriture, ni rien d'autre. Il est, il s'accroche à la vie grâce aux odeurs qui l'entourent... grâce à
son envie de toutes les connaître et de toutes les enfermer dans une fiole.
Un jour, le propriétaire l'emmène en ville pour marchander avec quelques clients. Il est dans son élément. Un bain
immense d'odeurs, il ne distingue ni les bonnes, ni les mauvaises. Nourriture à foison, tissu... parfum. Amour&Psyché d'un grand parfumeur de Paris. Toutes les « hautes
dames » en sont folles.
Ces odeurs, une jeune femme vendant des fruits, il la suit, l'approche, elle a peur, arrive un couple qui ne remarque
rien. Jean-Baptiste veut la faire taire, serre trop fort sur sa bouche, l'étouffe... bien malgré lui.
Commence alors réellement l'histoire du criminel qu'est devenu Grenouille en moins de quelques
minutes.
Surviennent d'autres meurtres... Treize en tout. Une technique bien particulière permet à Jean-Baptiste de récupérer
le parfum de chacune de ses victimes, et de l'enfermer délicatement dans de petites fioles. Treize petites fioles en tout.
Douze pour les odeurs de coeur, de base... La treizième pour donner à son parfum la majesté dont se servaient les
anciens égyptiens selon la légende.
Surviennent de longues marches solitaires à la recherche de l'ultime parfum.
Un livre à l'aura pesante et parfumée (évidemment). Seule la fin reste largement tirée par les cheveux, hormis
peut-être la façon dont Grenouille fait sa sortie.
Ce que vous avez écrit