Le brouillard envahissait les rues de la ville en ce jour de Noël, givrant au passage les allées.
Le petit Théo jouait dans le jardin... les boules de neige contre-attaquent... avec un copain, lorsqu'un vieux clochard l'interpella.
« Eh ! gamin... approche deux secondes.
-J'ai pas le droit de parler aux inconnus.
-Même si je te dis que j'ai un p'tit cadeau pour toi ?
-Surtout si vous me dîtes que vous avez un p'tit cadeau pour moi.
-Tant pis. » sourit le vieux en repartant.
Drôle de bonhomme, pensa le garçon en reprenant sa bataille de boules de neige.
Le soir-même, il n'y pensait déjà plus. A minuit ce serait l'ouverture des cadeaux, et il y trouverait tout ce qu'il avait demandé autour de lui. Son seul regret, passer les fêtes de fin d'année sans ses parents, qui avaient eu un grave accident lors d'un safari-photos trois ans plus tôt, en Afrique du Sud.
Minuit sonna... parquet soudain papier cadeaux et ruban décoratif.
Après dix minutes d'agitation, un cadeau seul trônant au pied du sapin. Par curiosité, Théo s'en approcha... quelle ne fut pas sa surprise de voir son prénom sur le paquet !
Il le déballa.
Il s'agissait d'une boîte en bois, décorée de gravures, et fermée à clef. De ses petits doigts, assis dans son coin, le garçon tourna la clef dans la serrure de cuivre. Un petit clic survint, et le couvercle s'ouvrit doucement.
A l'intérieur, un parchemin sur lequel était écrit : Ecris ton voeu le plus cher au-dessous de cette phrase. Lorsque ceci sera fait, brûle ce parchemin... Ton voeu se réalisera alors, mais ne durera que vingt-quatre heures.
Le voeu pouvait bien attendre le petit matin.
Et lorsque plus personne ne prêta attention à Théo... il écrivit son voeu le plus cher sur le parchemin, avant de le jeter dans le feu de la cheminée.
Il le regarda se consumer.
Et lorsqu'il eut totalement brûlé, une voix retentit soudain derrière lui. En se retournant, il ne put retenir un cri de surprise.
Sa mère se tenait devant elle, souriante... le regard brillant de vie. Il se jeta dans ses bras.
Mais au bout de vingt-quatre heures, elle disparut, le voeu ne pouvant durer éternellement.
Sur le trottoir devant la maison de Théo, le clochard souriait. Il était heureux.




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